Le processus de paix entamé en octobre 2024 et la dissolution du Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK, en mai 2025, nourrissaient jusqu’à peu les espoirs de paix pour l’avenir de la région mésopotamienne. Mais cette paix ne peut se faire sans la nature, comme l’a souligné une militante du mouvement kurde lors d’un entretien que j’ai mené à Paris en septembre 2025 : « Nous parlons du processus de paix entre la Turquie et notre mouvement, mais nos arbres ont également besoin de paix »1. En mentionnant le fait que l’État turc maintient ses politiques destructrices de l’environnement, elle souligne également que la libération effective de la société kurde dépendra de l’émancipation simultanée de la nature et des femmes. Cet article, qui est tiré d’une communication présentée à la 10èmeJournée d’étude de la mention Études Politiques de l’EHESS, entend proposer une réflexion à partir de ces différents axes d’émancipation.
Continuer la lecture de « JE 2026 – Tom Dufour « Écologie sociale et confédéralisme démocratique : penser l’émancipation avec le mouvement de libération kurde » »JE 2026 – Alice Geraut « Accueillir à côté : solidarité(s) en Moldavie face à l’exil des personnes déplacées d’Ukraine »
L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, a provoqué la fuite et le déplacement de millions de personnes, majoritairement vers l’Ouest[1]. Parmi les États voisins, la République de Moldavie s’est trouvée dans une situation particulière. Ce pays largement méconnu, notamment dans les sciences sociales françaises, compte parmi ceux ayant accueilli le plus de personnes déplacées d’Ukraine proportionnellement à sa propre population[2]. Cette situation apparaît d’autant plus singulière pour une société jusque-là bien plus habituée à voir ses habitants partir qu’à en voir d’autres arriver et s’y installer. Continuer la lecture de « JE 2026 – Alice Geraut « Accueillir à côté : solidarité(s) en Moldavie face à l’exil des personnes déplacées d’Ukraine » »
JE 2026 – Les Posters
À l’occasion de cette journée d’étude, les participant-e-s qui ne présentaient pas de contribution orale ont été invité-e-s à élaborer un poster en anglais qui mette en lumière leur sujet de recherche. Ces posters ont fait l’objet d’une déambulation le jour de la JE, au cours de laquelle les étudiant-e-s ont pu exposer et discuter leurs travaux. Nous publions ci-après les posters de l’édition 2026, en vue de rendre compte de la diversité des recherches menées par les étudiant-e-s du Master.
Clara CAUQUIL – « When conservative feminists talk ».

Elliot ESCURIOL – « From help to conflictual solidarity ».



Swan LE BRAS – « Don’t give up on the poor ! Gentrification in Saint-Denis Pleyel ».

Enzo KOUROVSKY – « New public management, new working conditions ? The french train drivers since 2018 ».

JE 2026 – Abigaelle Perez « Justice algorithmique et gouvernement des luttes : quand les algorithmes transforment le militant en “risque” »

Depuis les Gilets jaunes jusqu’aux Soulèvements de la Terre, l’intelligence artificielle s’intègre dans toute la chaîne judiciaire (fichiers automatisés, logiciels de gestion pénale, plateformes prédictives), tandis que la répression étatique s’intensifie. Cette coïncidence n’est pas fortuite : le militant n’est plus seulement perçu comme un acteur politique porteur d’une revendication légitime, mais comme un « sujet à risque » dont les actions doivent être anticipées1, voire neutralisées. Continuer la lecture de « JE 2026 – Abigaelle Perez « Justice algorithmique et gouvernement des luttes : quand les algorithmes transforment le militant en “risque” » »
JE 2026 – Alexia Hérault « “N’oublie jamais que le peuple commande et qu’il a le droit de faire et de défaire ses dirigeants” : mœurs populistes régénérées au Mexique entre 2018 et 2024 »
« N’oublie jamais que le peuple commande et qu’il a le droit de faire et de défaire ses dirigeants 1 »
Andrés Manuel López Obrador, surnommé « AMLO », semble avoir été porté par le fantasme de l’homme providentiel qui sert le peuple en s’en rendant digne et en l’incarnant, pour l’émanciper. Élu président du Mexique en 2018, il est considéré par la majorité qui l’a porté au pouvoir comme le président de gauche que le pays attendait depuis la transition démocratique amorcée en 2000. Cette transition marque la fin de l’hégémonie au pouvoir du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) au profit d’une alternance de partis jusque-là inédite. Continuer la lecture de « JE 2026 – Alexia Hérault « “N’oublie jamais que le peuple commande et qu’il a le droit de faire et de défaire ses dirigeants” : mœurs populistes régénérées au Mexique entre 2018 et 2024 » »
JE 2026 – Iline Bari Jamal « Comprendre la formation des solidarités en temps de crise : le cas de la révolte de juillet 2024 au Bangladesh »
Durant les mois de juillet et août 2024, au Bangladesh, des femmes et des hommes, étudiants ou non diplômés, habitants de régions défavorisées, membres de minorités religieuses mais aussi sexuelles, ont revendiqué leur inclusion dans le champ politique institué ainsi que la pleine reconnaissance de leurs droits politiques, économiques et sociaux. Cette mobilisation de grande ampleur, marquée par l’émergence de multiples formes de solidarité au sein de la société bangladaise, a conduit, le 5 août 2024, à la chute du gouvernement autoritaire1 de la Première ministre Sheikh Hasina, au pouvoir depuis plus de quinze ans. Or, le propre des régimes autoritaires est de produire de la fragmentation en organisant la méfiance et la segmentation des espaces sociaux, rendant de facto l’action collective improbable. Continuer la lecture de « JE 2026 – Iline Bari Jamal « Comprendre la formation des solidarités en temps de crise : le cas de la révolte de juillet 2024 au Bangladesh » »
JE 2026 – Mathia Silvestro « Entre subversion et intégration : trajectoires, pratiques et contraintes des chercheurs critiques en gestion »
L’idée d’une recherche critique en sciences de gestion peut sembler paradoxale. Et pour cause, cette discipline occupe une position bien singulière dans le paysage académique. D’abord, la configuration institutionnelle des formations en gestion, dominée par les grandes écoles de commerce, s’inscrit dans des dynamiques élitistes de reproduction sociale par les grandes écoles dans le champ de l’enseignement supérieur en France[1]. Aussi, cette discipline entretient des liens étroits avec le monde des entreprises. La gestion formalise et enseigne l’organisation du travail avec un ensemble de sous-disciplines qui correspondent, pour la plupart, à des domaines de compétence mobilisés au sein des organisations, comme la comptabilité, la stratégie, le marketing, la finance, etc. Continuer la lecture de « JE 2026 – Mathia Silvestro « Entre subversion et intégration : trajectoires, pratiques et contraintes des chercheurs critiques en gestion » »
